Soisik OGER


Née à Rennes en 1971, Soisik Oger est la petite-fille de Louis Le Goff, professeur de dessin industriel à l’École des Beaux-arts de Rennes dans les années cinquante. Très tôt initiée à la musique, avec la méthode Martenot, par sa mère, elle-même formée à Neuilly par les Martenot, elle entre au Conservatoire de Rennes à l’âge de 5 ans. Après une formation classique de violon et de piano, elle s’en détourne à l’âge de 12 ans. Ses liens avec la musique ne se maintiennent que grâce au jeu en orchestre, notamment celui créé à Rennes autour de Philippe Hui , qui l’entraînera à participer plusieurs années de suite aux Orchestrades de Brive-la-Gaillarde.

Elle découvre alors les arts plastiques, à l’École d’Art Martenot de Rennes, chez Yves Morineau, où elle restera six ans. C’est à cette époque qu’a lieu sa rencontre avec un ami de son père, membre comme lui du Tiers Ordre franciscain. C’est le très mystique peintre rennais Pierre Gilles. Il préside l’atelier du Thabor depuis quelques années déjà, après la fermeture de son académie libre « l’Escabeau ». Chaleureux avec les artistes, tant professionnels qu’amateurs, il sait lui communiquer sa passion du beau et l’encourage dans sa nouvelle voie.

Baccalauréat en poche, elle part suivre une préparation de deux ans au lycée Henri IV à Paris, pour entrer à l’École Nationale des Chartes et peut-être un jour devenir Conservatrice de musée. Un mauvais virus et le grand affaiblissement qui s’ensuivra pendant plusieurs mois, auront raison de ses projets de concours. Titulaire d’une équivalence en histoire, elle poursuit ses études à l’Université de Paris IV.

Elle se découvre du temps libre : elle reprend son violon et joue à l’Orchestre Universitaire de Jussieu, dirigé par Boris de Vinogradow. Mais surtout, elle entreprend, après avoir rencontré Ginette Martenot, la formation professionnelle arts plastiques. Titulaire d’une Maîtrise d’histoire, elle rentre à Rennes après ses trois premières années de formation Martenot.

L’Atelier I.D.E.A. est créé cette année là. Soisik Oger termine sa formation en 1996. Après avoir pris le temps de se marier puis de donner naissance à trois enfants, elle obtient son diplôme en 2001.

Depuis 2002, elle participe à la vie de l’association Arts Plastiques Ginette Martenot, membre du Conseil d’Administration et de la Commission pédagogique. Elle complète ainsi sa formation en côtoyant des professeurs plus anciens, tout en suivant de près l’évolution de la méthode telle qu’elle est enseignée aux futurs professeurs.

Actuellement, Soisik Oger partage son temps entre les cours et sa famille. Le peu de loisirs restant pour peindre et dessiner lui ont permis de participer à quelques salons de peinture locaux, tels que Thorigné- Fouillard, Montgermont, Cesson-Sévigné ou Saint Briac/Mer. Elle a participé également au Salon des Talentueuses à Rennes en 2003.

Ces premiers salons lui ont permis de rencontrer d’autres artistes comme Rayto et Thierry Roche. Grâce à ce dernier elle a intégré un petit groupe, basé depuis quelques années à Laillé, de « croqueurs du dimanche » amateurs et professionnels, parmi lesquels Vincent Lignereux ou encore Fanny Montgermont . Présentés au Salon de printemps de Chavagne, ses dessins ont été progressivement remarqués puis primés par le jury en 2008. En parallèle, elle a suivi pendant trois ans les cours du peintre chinois He Yifu, découvert avec son livre sur la Bretagne. Elle y retrouvait l’importance du geste, de la mémoire et du ressenti si chers à Ginette Martenot. Après le décès du maître chinois, elle suit encore les cours de Chun Yu Wang ainsi que de Robert Faure.

Quand elle s’interroge sur sa peinture actuelle, elle reprend volontiers les mots de Pierre Gilles à l’époque de leur rencontre : « L’effet » n’est pas mon souci, mon procédé n’exclut pas pour autant un long et méticuleux travail de recherche plastique et d’accords de couleurs rompues, dans les gammes intermédiaires, le plus souvent. Mon langage pictural, au travers de ces fluctuations incessantes, peut témoigner des bonheurs et aussi des tourments de la vie et il reflète également, je crois, une paix que je cherche pour moi et autour de moi. (Pierre Gilles - 1982)