Ginette Martenot (1902-1996)

« Par l’enseignement de l’art, favoriser l’épanouissement de la personne »

Dans le domaine de la musique comme celui des Arts plastiques, nombreux sont les adultes qui sentent que l’enseignement de l’art, tel qu’il est proposé par la Méthode Martenot, a donné à leur vie un sens nouveau. Cet épanouissement se manifeste soit dans la culture personnelle, soit dans l’enseignement, soit dans la création artistique. Chacun y puise pour accéder à un « plus être* » (*expression de Teilhard de Chardin).



LA FAMILLE MARTENOT


Madeleine Martenot (1887-1982), pédagogue née, fondatrice, en 1912, de l’école Martenot où seule la musique était enseignée.

Maurice Martenot (1898-1980), violoncelliste, inventeur de l’instrument qui porte son nom, joué pour la première fois en public en 1928 et enseigné au Conservatoire de Paris dès 1947. Il est également l’auteur, avec Christine Saïto, d’un livre sur la relaxation active.

Ginette Martenot (1902-1996), commence très tôt sa carrière musicale. Entrée à 16 ans, avec une dispense, au Conservatoire de Paris, elle suit les cours de contrepoint et fugue aux côtés d’Arthur Honegger. A 26 ans, elle accompagne au piano le premier concert d’Ondes Martenot de son frère à l’Opéra de Paris. En 1937, lors de l’Exposition Universelle, elle dirige un orchestre de seize Ondes, quand elle n’anime pas un stand de dessin pour de jeunes enfants. Cette double activité, ainsi que l’ensemble de la pédagogie vaut la Médaille d’or de l’Exposition aux trois Martenot. Pendant quarante ans, Ginette circule dans les cinq continents, faisant connaître le Martenot et se consacrant à la musique contemporaine, obtenant même, en 1957, le Premier Grand Prix du Disque, avec la Suite Delphique de Jolivet. En 1995, elle est promue d’emblée Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres.



LA MÉTHODE MARTENOT


Ginette Martenot veut chercher à travers d’autres arts la liberté d’improvisation et fait de la peinture et de la sculpture. Elle suit des cours de peinture avec M. Amiguet, des cours d’anthropologie avec Marcel Jousse, découvre la psychologie et l’évolution comparée des arts, ainsi que les bienfaits de la relaxation en travaillant avec Youri Bilstin. Dessin et peinture prennent de plus en plus de place dans sa vie. Elle rencontre en 1932 Madame Artus, auteur du « Dessin au service de l’éducation », dont Amiguet lui avait déjà parlé. Celle-ci lui demande tout simplement de continuer son travail. Dans le même temps, elle rencontre le poète hindou Rabindranath Tagore, venu pour écouter le Martenot et qui lui parle de son école de Santiniketan, où sont enseignés simultanément musique, dessin, peinture et poésie. A la suite de cet entretien, Ginette Martenot veut adjoindre une section d’enseignement des arts plastiques à l’École de Musique. Suspendant les grands voyages, elle crée des cours d’enfants, toujours en lien avec Louise Artus et tirant profit de ses observations. Elle forme ses premiers professeurs. Après la guerre de 1939-45, de multiples ateliers fleurissent principalement en France, mais également en Suisse, en Italie et en Belgique.